www.cdast.org © 2007 • Privacy Policy • Terms of Use

C-DAST
Centre de Défense et d'Action pour la Santé des Travailleurs

Presse
et Conditions de Travail

Quoi de neuf dans la PRESSE ?

 

 

Accidents du travail: les entreprises échappent souvent à leurs responsabilités

"Maladie du fer": Arcelor Mittal condamné

Les Cancers Professionnels : Colloque organisé le 28 avril 2008 par le C-DAST

En France, toujours plus d’accidents et de morts sur le lieu de travail

La France : troisième place au niveau des suicides dûs au travail

Travail de nuit : le corps trinque

20% des travailleurs belges victimes du burning out

 

Les syndicats et la journée internationale pour la sécurité au travail

 

Sauf pour les victimes, les accidents de travail font vivre

 


"Accidents du travail: les entreprises échappent souvent à leurs responsabilités

L'Organisation internationale du travail (OIT) révèle que 6.000 décès par jour sont imputables à des accidents ou à des maladies du travail. Ces décès représentent environ 4% du produit national mondial. On pourrait croire qu'en Europe, il est facile de faire reconnaître un accident du travail. Pourtant, en France, la justice hésite souvent à reconnaître les faits et préfère mettre le décès sur le compte du destin. Le magazine Politis illustre cette problématique en évoquant le décès d'un jeune travailleur d'une filiale de la multinationale l'Oréal (Galderma)

Source : 6com 19/6/2008

Retour 


"Maladie du fer": Arcelor Mittal condamné

Un ancien ouvrier, atteint de sidérose, a gagné son procès face au sidérurgiste. Il reprochait à l'Arbed, aciériste repris par Arcelor en 2002, de n'avoir pris aucune précaution contre son exposition au fer, dans la mine où il travaillait en Lorraine.

ArcelorMittal vient d'être condamné pour "faute inexcusable" dans un dossier de sidérose, la "maladie du fer". La CGT affirme qu'il s'agit de la première condamnation de ce type en France.

Dans un jugement rendu le 5 mai, le tribunal des affaires de sécurité sociale (TASS) de Metz a considéré que les Aciéries réunies de Burbach-Eich-Dudelange (Arbed), firme reprise en 2002 par Arcelor, connaissait les dangers de l'exposition au minerai de fer de l'un de ses anciens employés, aujourd'hui âgé de 62 ans. Ce mineur, qui a travaillé pendant 33 ans dans la mine de Montrouge, souffre aujourd'hui de sidérose. Cette maladie du poumon est causée par l'inhalation de poussières de fer, selon Jean Markoun de la CGT des mines de fer et de sel de Lorraine. "L'employeur avait connaissance dès 1956 de recommandations officielles destinées à protéger ses employés des poussières de fer. Comme il n'a pas assuré une protection globale, il a été condamné pour 'faute inexcusable'", a expliqué le syndicaliste. "La reconnaissance de la faute inexcusable dans ce dossier de sidérose, une première en France, va permettre au plaignant de voir sa rente allouée par la Sécurité sociale majorée de 25%", a ajouté M. Markoun. Le plaignant recevra également un capital de 25.000 euros en raison des souffrances physiques et morales endurées et en compensation de ses conditions d'existence, rendues plus difficiles par la maladie. "Ce jugement devrait faire jurisprudence pour tous les anciens mineurs aujourd'hui atteints de sidérose en ouvrant des perspectives nouvelles aux ressortissants du régime minier", a estimé M. Markoun.  

En 2005, 373.000 personnes étaient bénéficiaires de ce régime en France, selon le site internet des caisses régionales de la Sécurité sociale dans les mines (CARMI).

Source : LEXPRESS.fr 15/05/2008

Retour


1. Les Cancers Professionnels : Conférence de presse RTC Liège (28 avril 2008)

 

A l'occasion de la Journée Mondiale pour la santé et la sécurité au travail, le Dr Laaouej et le Professeur Halleux ont été interviewés par la chaîne de télévision RTC Liège à l'occasion de la conférence qu'ils organisaient sur les cancers professionnels.

Cliquez ci-dessous pour découvrir le reportage :

http://www.rtc.be/content/view/4918/166/ 

2. L'origine des "cancers professionnels" trop méconnue - Belga 7sur7 - 28/04/08 12h33

Les cancers d'origine professionnelle sont trop méconnus, estime le C-dast (Centre de défense et d'action pour la santé des travailleurs), qui organise lundi à Liège, un colloque sur ce thème. Pour les organisateurs, il est nécessaire de faire la lumière sur la question des expositions professionnelles et de leur incidence en matière de santé publique.

Le C-dast déplore le manque de données et l'absence d'une cartographie permettant notamment de connaître le domicile de la personne touchée par la maladie, son parcours professionnel, etc.
Selon une étude finlandaise, en Belgique, quelque 700.000 travailleurs seraient exposés à des risques cancérigènes sur leur lieu de travail. L'Organisation mondiale de la Santé (OMS) estime pour sa part que les facteurs environnementaux interviennent à hauteur de 80 pc dans les causes d'un cancer.

Une cartographie a été mise en place dans les années 70 mais n'a jamais été finalisée. Le plan cancer lancé par la ministre de la Santé, Laurette Onkelinx, évoque cette cartographie, mais selon le C-dast, il faut insister pour que le problème ne tombe pas aux oubliettes. "La volonté de mettre en lumière le lien entre les milieux et les conditions de travail et le développement de certains cancers demeure absente. Force est de constater qu'un voile reste posé sur les cancers professionnels et environnementaux", regrette le C-dast, précisant que les cancers professionnels ne sont pas une fatalité et peuvent dès lors être évités grâce à une meilleure connaissance du phénomène et une plus grande prévention, plus ciblée.

L'objectif du colloque est de mettre en présence les différents acteurs concernés (syndicats, mutuelles, personnes malades, monde politique, etc.) et ainsi "fédérer les énergie", mais aussi de présenter différentes propositions d'actions comme la réalisation d'une cartographie ou une démarche globale à envisager auprès des personnes touchées par le cancer, afin de reconstituer leur "histoire". Une action de ce type est actuellement menée en France.

Source : Belga/7sur7 - 28/04/2008 12h33

3. Liège: le C-dast se penche sur les cancers professionnels - Le Soir6com 29/4/2008

Le Centre de défense et d'action pour la santé des travailleurs (C-dast) s'est penché ce lundi sur les cancers d'origine professionnelle au cours d'un colloque organisé à Liège. Selon une étude finlandaise, quelque 700.000 travailleurs en Belgique seraient exposés à des risques cancérigènes sur leur lieu de travail. Le plan cancer lancé par la ministre PS de la Santé Laurette Onkelinx évoque une cartographie des malades, mais le C-dast insiste pour que le problème ne tombe pas aux oubliettes.

Source : Le Soir6com 29/4/2008

Retour


 En France, toujours plus d’accidents et de morts sur le lieu de travail

 

En France, la Caisse nationale de l’Assurance maladie des travailleurs salariés (CNAMTS) a publié les statistiques des accidents de travail pour l’année 2002 : 3% d’accidents en plus pour pratiquement tous les secteurs confondus ; les maladies professionnelles et les décès qui y sont liés sont en forte hausse (respectivement +30% et +35%). En cause, essentiellement les effets cumulés de l’exposition à l’amiante. Viennent ensuite les troubles musculeussquelettiques suivis des lombalgies et dorsalgies.

 

Selon les statistiques établies pour 2002 par la Caisse nationale de l’Assurance maladie des travailleurs salariés (CNAMTS), le nombre d’accidents de travail connaît une hausse de 3% par rapport à 2001, et ce pour pratiquement tous les secteurs (font exception les secteurs bois et ameublement ainsi que certaines activités de service et de travail temporaire). Il y a 9% d’accidents graves en plus alors que les accidents mortels montrent un recul significatif (-6%) par rapport à l’année précédente. Cette baisse apparaît toute relative si l’on se souvient que 2001 fut endeuillé par la catastrophe d’AZF à Toulouse.

 

Les maladies professionnelles, quant à elles, poursuivent leur augmentation : +30%, avec un taux de croissance de 35% pour les décès qui y sont liés. Cette hausse est à imputer aux effets cumulés des expositions à l’amiante, effets qui devraient perdurer durant de nombreuses années encore après la mesure d’interdiction de l’amiante.

 

Les maladies professionnelles dues à l’amiante viennent loin devant les troubles musculosquelettiques (troubles articulaires dus essentiellement à des gestes répétés). 14% des dossiers traités par le CNAMTS concernent les maladies liées à l’amiante, mais ces dernières représentent 48% des indemnités versées par l’organisme. Les troubles musculosquelettiques couvrent eux plus des deux tiers des maladies professionnelles pour cette année 2002. Les nombreux cas de lombalgies et de dorsalgies font désormais de ces pathologies la 3e cause de maladie professionnelle.

 

Pour la première fois, le CNAMTS fournit des statistiques relatives à la fonction publique, mais la comparaison avec le secteur privé est difficile suite aux différentes méthodes de calcul utilisées. C’est dans la police nationale, au ministère de l’Equipement et au ministère de la Défense (personnel civil) que les accidents de travail sont le plus fréquents.

Retour


La France : troisième place au niveau des suicides dûs au travail...

Sur les 11.000 morts annuels par suicide en France, 3 à 400 ont un lien avec le travail. En cause, la nouvelle organisation du travail qui a généré la solitude du salarié soumis au stress et à des pressions toujours plus fortes. Aujourd’hui encore, les entreprises continuent de minimiser la part de responsabilité du travail dans le suicide de leurs salariés. Toutefois, face à la tournure inquiétante que prend le phénomène, certaines d’entre elles ont décidé de réagir par des mesures –cosmétiques ? – visant à mieux prendre en charge les salariés en détresse et à limiter le harcèlement.

On dénombre chaque année en France 11.000 morts par suicide (un toutes les 40 minutes !) et 160.000 tentatives de suicide. Aucune statistique officielle n’existe sur les suicides liés au travail. Le Conseil économique et social avance pour sa part, une fourchette allant de 300 à 400 cas par an. Quant aux dépressions liées au travail, facteur de suicide souvent évoqué, la France occuperait, selon l’OMS, la 3e place derrière l’Ukraine et les Etats-Unis.

Si les suicides au travail ne constituent pas un phénomène nouveau, leur caractère épidémique prendrait « une tournure inquiétante », s’alarme le directeur du Laboratoire de psychologie du travail : 3 ouvriers d’un même atelier de l’usine PSA (Peugeot-Citroën) mettaient fin à leurs jours en mai 2007 alors qu’un autre, en février de cette année et toujours chez PSA, avait clairement évoqué ses conditions de travail dans sa lettre d’adieu. Entre octobre 2006 et février 2007, c’étaient 3 travailleurs de Renault qui se suicidaient dans les Yvelines. Et ces deux dernières années, 4 agents de la centrale EDF de Chinon…

 

Pointée du doigt par le Conservatoire national des arts et métiers, la nouvelle organisation du travail qui « a généré la solitude du salarié », tandis que les professionnels de la santé faisaient remarquer, lors de la Journée mondiale de la santé et de la sécurité au travail, que « les risques psychosociaux, stress ou dépression, qui conduisent parfois au suicide, sont insuffisamment pris en compte par les entreprises ». Quant à la responsable du projet « stress au travail » de l’Institut national de recherches et de sécurité, elle se dit « effarée par la façon dont les entreprises dénient la part du travail responsable d’un suicide ».

 

Face à la « tournure inquiétante », des entreprises comme EDF et Renault sembleraient commencer à réagir en lançant des actions visant à « mieux prendre en charge les salariés en détresse » et traquer davantage le harcèlement.

 

Autant de mesures qui risquent bien de n’être que des emplâtres sur une jambe de bois si les entreprises, livrées à une concurrence et à une guerre économique de plus en plus âpres, continuent de mettre la pression sur les travailleurs pour satisfaire leurs actionnaires…

 

 

Retour


Travail de nuit : le corps trinque… 

 

Les conclusions d’une étude de chercheurs milanais sont sans appel : ce n’est pas impunément qu’on travaille la nuit. A 50 ans, presque tous les travailleurs de nuit  présentent une série de pathologies des systèmes cardiaque et digestif qui ne disparaissent pas si on revient au  travail de jour.

Une explication des troubles cardiaques associés au travail de nuit est exposée par le Pr Verbraecken, coordinateur du centre du sommeil de l’UZ d’Anvers, qui fournit aussi quelques conseils à ceux qui sont forcés de travailler de nuit ou à pauses.

 

Des chercheurs milanais sont formels : les problèmes de santé entraînés par le travail de nuit ou à pauses, relativement bénins chez les jeunes travailleurs, apparaissent à coup sûr avec la quarantaine. A 50 ans, presque tous les travailleurs de nuit formulent des plaintes qui vont de l’arythmie cardiaque à l’hypertension, aux problèmes d’estomac, à la constipation et à la diarrhée. Et, même si on arrête de travailler la nuit, les problèmes cardiovasculaires tels que l’artériosclérose n’en disparaissent pas pour autant, dit le professeur Verbraecken, pneumologue et coordinateur du centre du sommeil à l’UZ d’Anvers.

 

Pour ce même spécialiste, le travail de nuit devrait être réservé de façon expresse aux personnes en bonne santé et déconseillé absolument aux personnes souffrant de problèmes de tension artérielle. Et il faudrait éviter à tout prix de commencer à travailler la nuit au-delà de 40 ans. Malheureusement, regrette-t-il, les jeunes sont attirés par les primes et y laissent une partie de leur santé.

 

Selon les chercheurs milanais, celui qui travaille la nuit court deux fois plus de risque d’arythmie cardiaque, et donc de défaillance cardiaque, que le travailleur de jour. Le cœur, en effet, est programmé pour une nuit de sommeil. Comme l’explique le Pr Verbraecken, la nuit, le système nerveux, régulé par l’acétylcholine, ralentit le rythme cardiaque et abaisse la tension artérielle. Les travailleurs de nuit fabriquent eux de l’adrénaline, avec pour résultat que, même en dormant le jour, leur cœur ne peut jamais vraiment se reposer. Chaque matin, le corps produit une substance qui installe un état d’alerte. Même si on travaille la nuit depuis des années, on ne peut pas inverser le cycle des 24 heures. On dort aussi moins longtemps et moins profondément. 

 

Si on est forcé de travailler la nuit, il conseille une série de règles pour préserver sa santé : s’il y a rotation dans les pauses, mieux vaudrait commencer par le matin pour passer ensuite à l’après-midi puis à la nuit. Et veiller à ne pas perturber cette séquence, ce que ne font pas la plupart des entreprises. A noter que ceux qui ne font que les pauses de nuit tiennent le coup plus longtemps.

 

Qui donc a le coeur en meilleur état ? Le veilleur de nuit « passif » ou le travailleur qui sue sur la chaîne ? Le veilleur de nuit s’endormira plus vite le matin et récupérera mieux que le travailleur qui ne pourra s’endormir immédiatement à cause de son rythme cardiaque trop élevé.

 

Si le travail de nuit n’est pas bon pour la santé, on peut toutefois limiter les dégâts par quelques « trucs » : un repas chaud 2 heures avant le début de la pause de nuit de 22 h., mais pas pendant ni après. Ne pas boire de café ou de coca en fin de nuit pour rester éveillé. Conduire avec des lunettes de soleil pour rentrer chez soi et aller dormir dès que possible. 6 heures est le minimum critique. Si on n’y parvient pas le matin, faire encore un petit somme de 2 heures avant de repartir le soir. Et pratiquer un sport, ce qui stimule le sommeil profond.

 

Il n’y a pas que les travailleurs de nuit qui ont une dette de sommeil. La plupart des personnes qui travaillent ne dorment que 6 à 7 heures alors que nous avons besoin en moyenne de 7 heures trente à 8 heures. Les heures idéales de travail dépendent entièrement du type de chacun. Ceux « du matin » peuvent commencer à 6 h.30 mais ont fourni le meilleur d’eux-mêmes avant 16 h. Ceux « du soir » ont intérêt à commencer après 9 h., mais ils poursuivre facilement jusque 20 h. ou plus. Mais il ne faut pas être dupe : la très grande majorité des gens ne sont ni du matin ni du soir, mais entre les deux.

 

Retour


20% des travailleurs belges victimes du burning out

 

Une enquête on line réalisée par une entreprise de recrutement dans 8 pays européens montre que le travailleur belge se situe dans le trio de tête en matière de stress au travail devant la Suède et l’Allemagne.

 

Une enquête on line réalisée par l’entreprise de recrutement StepStone sur 21.586 personnes dans 8 pays européens dont la Belgique ( 2.280 personnes interrogées) révèle qu’un travailleur belge sur 5 est épuisé physiquement et moralement par son travail. La Belgique fait partie du trio de tête en matière de stress au travail : 31% de l’échantillon belge affirment devoir puiser dans leurs réserves pour y faire face. Un peu moins de la moitié (49%) se disent capables d’affronter sans problème la pression physique et morale liée au travail, en 3E position derrière la Suède (59%) et l’Allemagne (56%).

C’est au Danemark et aux Pays-Bas que les travailleurs s’estiment le moins touchés par le stress (respectivement 66% et 62%, loin devant les autres pays).

 

 

Retour


Les syndicats et la journée internationale pour la sécurité au travail

 

En 2005 en  Belgique, on a recensé 150.000 accidents de travail. 194 personnes y ont perdu la vie, 16.693 en ont gardé un handicap permanent.

Les accidents sont proportionnellement plus nombreux dans les PME, surtout dans celles qui sont dépourvues de comité pour la prévention et la protection des travailleurs (CPTT).

Les syndicats ont profité de la Journée internationale pour la sécurité au travail organisée en avril 2007 pour rappeler leurs revendications en matière de sécurité.

 

Les syndicats ont profité de la Journée internationale pour la sécurité au travail organisée en avril 2007 pour réitérer leurs revendications en la matière. Revendications parfaitement justifiées quand on sait qu’en 2005 en Belgique, 194 personnes ont perdu la vie dans un accident sur le lieu ou sur le chemin du travail tandis que 16.693 victimes, qui en ont réchappé, ont conservé un handicap permanent. En 2005 toujours, 150.000 accidents au travail ont été recensés. On est certes loin des 270.000 relevés au début des années 80. Selon les syndicats toutefois, l’évolution de la situation n’est pas aussi idyllique que ces chiffres pourraient le laisser croire, les statistiques telles que présentées s’avérant tronquées : en effet, histoire de ne pas alourdir leur prime d’assurance ou de préserver leur image de marque, les patrons hésiteraient à déclarer les accidents les plus légers. En outre, le nombre d’accidents graves accuserait lui, bon an mal an, une hausse constante d’environ 1%, et ce, particulièrement pour la construction, les services aux entreprises et le secteur de la santé. Comme on le voit, il reste du pain sur la planche…

 

C’est dans les PME que la fréquence des accidents de travail est la plus élevée : 55,9% des accidents mortels et 44,6% des accidents ayant causé un handicap permanent se sont, en effet, produits dans des entreprises de moins de 50 travailleurs alors que celles-ci ne représentent que 40,3% de l’emploi. Arguant qu’une concertation entre patrons et travailleurs garantirait une meilleure sécurité pour les travailleurs – 66 décès ont été enregistrés dans des PME dépourvues de comité pour la prévention et la protection des travailleurs (CPTT) -, les syndicats plaident à juste titre pour une représentation syndicale dans les PME.

 

Les patrons, s’en étonnera-t-on, n’accueillent pas cette proposition avec un enthousiasme débordant. Et d’argumenter que le plus grand nombre d’accidents dans les PME tiendrait à la nature de leurs activités, le secteur du bâtiment, par exemple, exposant évidemment davantage les travailleurs que celui de la finance… Herman Fonck, responsable du service entreprise de la CSC, réfute l’argument : pour le même secteur, les accidents sont proportionnellement plus nombreux dans les PME. Il constate encore que c’est dans les PME qu’on recense le plus d’infractions à la réglementation en matière de sécurité : pour plus d’un tiers d’entres elles, manque de conformité des installations électriques, défaut de protections ou de dispositifs de sécurité incendie, etc. De toute façon, pointent encore les syndicats, les inspections sont trop rares (1 visite tous les 8 ans !) faute de personnel suffisant dans les services compétents. Fin 2003, 240.000 entreprises privées et 15.000 institutions publiques occupaient 3,5 millions de travailleurs dont les conditions de sécurité devaient être contrôlées par…102 fonctionnaires… Ces services devraient donc se voir fortement étoffés. Enfin, les syndicats veulent élargir la présence d’un CPTT, obligatoire jusqu’ ici dans les entreprises de plus de 50 travailleurs, à toutes les firmes de plus de 20 personnes. Et, last but not least, ils réclament plus de protection légale pour les intérimaires et des sanctions immédiates en cas d’infraction lourde.

 

 

Retour


Sauf pour les victimes, les accidents de travail font vivre

 

Assuralia a fourni les montants des sommes encaissées et des indemnités versées pour couvrir les accidents de travail en 2005. Les chiffres disponibles pour 2006 devraient confirmer la stabilité financière du secteur. Quelques détails sont donnés quant aux groupes professionnels les plus exposés aux risques. 

 

Plus d’un milliard d’euros, c’est le montant des primes encaissées par les assureurs belges en 2005 pour la protection des travailleurs contre les accidents sur les lieux et le chemin du travail. 944 millions l’ont été pour le secteur privé, 115 millions pour le public (depuis 1971, cette assurance est obligatoire pour les employeurs privés, elle reste facultative pour le public). En avril 2007, les chiffres définitifs pour 2006 n’étaient pas encore disponibles, mais devraient être du même ordre (963 et 117 millions d’euros), confirmant la stabilité financière du secteur.

 

Pour l’année 2005, les indemnités versées se montaient à quelque 900 millions d’euros, cette somme incluant les « provisions pour l’avenir » - les assureurs, on le sait, sont des gens très prévoyants.

 

Selon Wauthier Robijns d’Assuralia, la plus grande partie des accidents de travail sont dus à des chutes. Parmi les travailleurs les plus exposés aux risques, on trouve bien évidemment ceux qui doivent monter sur les toits, mais aussi, entre autres, les laveurs de vitres ou les livreurs et coursiers à deux roues. W. Robijns, qui, c’est de bonne guerre, prêche pour sa chapelle, conseille vivement de contracter une assurance dès qu’il y a une relation impliquant rémunération et subordination entre deux personnes, même s’il ne s’agit pas à proprement parler d’une relation salariale, comme, par exemple, dans les cas d’une baby-sitter.

 

Tiens, mais pourquoi la couverture des accidents de travail a-t-elle été confiée à des assurances privées au lieu de mutualiser le système ? Surtout en 1971 où tout n’était pas encore comme aujourd’hui à la privatisation et où nous jouissions toujours de la douceur et du confort de ces fameuses Trente Glorieuses dont on nous rebat les oreilles… Quoi qu’il en soit, si le secteur de l’assurance a accepté cette prise en charge, c’est pour le moins qu’il s’y retrouve, d’autant plus que le contrôle le plus absolu dans le versement des indemnités lui est garanti.

 

Retour

 

 

C-DAST 
Centre de Défense et d’Action pour la Santé des Travailleurs


Rue de Plainevaux 5 
4100 Seraing 

Téléphone : 04/337-40-40

E-Mail : cdast@skynet.be